< Nirvana, Fusion en Dieu et non avec Dieu. (continued from page 14-51) >
connaître et que je ne puis pas comprendre davantage que lorsque j’étais esprit militant et ignorant dans les mondes obscurs; au moins alors je pouvais aspirer à toi; mon moi s’élançait par la prière et le désir vers les sphères rayonnantes, et aujourd’hui que j’y arrive, la conscience de mon Être m’échappe.
Ceux qui croient, en argumentant ces choses, sont impies envers eux-mêmes et ingrats envers Dieu. Quoi! lorsque j’aurais écrit à mon enfant de revenir vers moi, lorsque je lui en aurais fourni les moyens, aplani les voies; lorsque j’aurais fait briller à ses yeux la joie de mon foyer, les douceurs de ma maison, les beautés de ma résidence, les tendresses de cœur, je lui ôterais, aussitôt qu’il toucherait à mon seuil, la connaissance, la faculté de comprendre et de connaître? Je lui retirerais ce qui en fait l’individu distinct des autres? Pour quel avantage? — Pour quel but? c’est aussi absurde qu’impie.
Mais voilà où et comment la vérité a été faussée.
Nulle part, dans les religions, on n’a assez réfléchi sur la fusion spirituelle. — Jésus disant: Mon Père et moi ne sommes qu’un, n’a été compris qu’au sens divin et mystique, puisqu’on en a fait un Dieu. — La fusion spirituelle, vous le savez, est le principe des hiérarchies spirites et existe dans le 2e ciel, d’abord à l’état simple, puis à l’état multiple; plus l’Esprit monte vers les cieux élevés,[1] plus la fusion est considérable et surtout formée d’éléments parfaits.
Ces Esprits fusionnés sont les dignitaires des mondes, gouverneurs, créateurs, messires; ils ont sous leurs ordres des armées célestes. Jésus n’a-t-il pas fait allusion aux armées d’anges, qui, à son ordre pouvaient, s’il le voulait, le tirer des mains des bourreaux? N’est-il pas dit, après ses épreuves et son jeûne dans le désert, que « les anges s’approchèrent et le servirent »?
Les Esprits isolés ne font point et ne peuvent faire d’œuvres considérables, ni dans l’ordre créateur ni dans l’ordre humanitaire. Ils sont dans la même période, analogiquement parlant, que les hommes dans la période barbare, où les efforts isolés et sans lien entre eux se détruisent l’un l’autre et ne peuvent aboutir à un but utile. — Dès, au contraire, que l’esprit de société les réunit, dès qu’ils agissent de concert, chacun suivant sa pente, son talent, le but est atteint, le progrès se dessine. La même chose a lieu parmi les Esprits tant qu’ils existent à l’état individuel; isolés ils ne peuvent exercer d’influence efficace ni dans l’ordre matériel fluidique, <... continues on page 14-53 >
Editor's notes
- ↑ The ending és and the following comma, and the comma after simple in the preceding line, are restored from Revue spirite, No. 11, November 1882, p. 362, PDF page 42.
