HPB-SB-8-248

From Teopedia


from Adyar archives of the International Theosophical Society
vol. 8, p. 248

volume 8, page 248

vol. title: Vol Four of The Theosophical Society of The Arya Samaj of Arya-wart

vol. period: Sept 1878 – Sept 1879

pages in vol.: 350

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< Dernières réflexions d’un Oriental, à Mme H.-P. Blavatsky (continued from page 8-247) >

nous faire croire à la destruction complète du moi, après ou avant la mort, pour certains individus.

L’homme, disent maintenant les nouveaux théosophes, n’est plus une trinité, c’est-à-dire corps, âme et esprit, mais un Tetraktis, ou quaternité.

Peu importe s’il est triple ou quadruple. L’homme est avant tout une unité, un être pensant et libre, indestructible, immortel et éternel. Les transformations qu’il subit même ici-bas par le changement des molécules qui le constituent, et la mort qui détruit ses organes matériels, ne peuvent atteindre le moi, ni jamais être cause de son anéantissement. L’homme est et sera toujours. Il peut rester pendant des millions d’années dans l’ignorance de sa grandeur et de ses hautes destinées; il peut, dans les différentes phases de ses existences, et pendant des périodes illimitées, persister dans le mal, mais jamais, au grand jamais, il ne peut perdre son identité. L’Esprit, arrivé au point culminant de la conscience de son être, peut bien jeter ce défi à la nature entière, et dire à l’univers: Tu existes, parce que j’existe; sans moi que serais-tu? Je suis la force qui veut, et tu es la force qui obéit. Nous coexistons, mais je te porte en moi. Ta puissance aveugle peut briser le moule que j’anime sur cette étape céleste, mais elle ne peut atteindre mon Esprit, et si, ce qui est impossible, l’un peut anéantir l’autre, alors tout cesserait d’être, et Dieu lui-même, la raison suprême de nos deux existences, pourrait sombrer dans cet épouvantable cataclysme, car, pour qu’il soit, il faut que nous soyons. Un dieu seul, sans créatures pensantes pour le connaître, l’aimer et l’adorer, serait le Dieu du néant, une cause sans effet, connue de soi seulement et agissant enfin dans un univers où règneraient seuls le silence et la mort.»

Nous avons avoué tout à l’heure que nous sommes très-peu au courant des systèmes de l’Aryâvarta, mais nous pouvons ajouter aussi qu’en notre qualité d’Oriental, nous connaissons assez l’antiquité grecque, et que nous avons souvent conversé avec les mages et les derviches de notre pays. Nous pouvons donc, sans nous tromper, affirmer, malgré Plutarque, Saint Jacques, «le frère du seigneur», Patanjali, Kapila, Kanada et tous les hiérophantes réunis, que toute la science des magiciens anciens et modernes s’éclipse devant une seule expérience spiritualiste de l’éminent M. Crookes, de la Société Royale de Londres. La vérité est là, tandis que les tâtonnements et souvent l’erreur sont de l’autre côté. Les faits spiritualistes ont toujours eu lieu, mais c’est la science expérimentale de nos jours qui les explique rationnellement. La philosophie d’Allan Kardec a fait plus dans l’espace de vingt ans que n’ont fait tous les siècles passés pour l’explication des phénomènes psychologiques. La philosophie spéculative a fait son temps. Il nous faut aujourd’hui des faits et non des systèmes. Nous pouvons croire à Dieu, aux Esprits, à la vie future, sans cesser pour cela d’être positivistes. Un fait, quel qu’il soit, doit, avant tout, être mis <... continues on page 8-249 >