Calomnie et Fausse Nouvelle
En notre qualité d’ancien secrétaire de M. le baron dn Potet, et comme rédacteur du journal dont il était le directeur, nous sommes invité par qui de droit, à déclarer ici, pour répondre à des insinuations malveillantes & perfides d’une feuille mensuelle, heureusement de peu d’importance: Qu’aucun intrigant ne s’est approché du lit de mort, soit avant, soit après & même pendant; & que si quelque chose a été fait par des personnes qui ont eu à coeur de prêter leur bienveillant concours à sa veuve dans cette douloureuse circonstance, ses ordres ont été suivis en tous points, sans que quiconque aujourd’hui aie le droit d’y trouver a redire».
Il est facile de critiquer les actes des autres quand on ne s’est occupé de rien soimême & qu’on est même dans l’ignorance la plus complète de tout ce qui s’est passé.
Discours Prononces sur la tombe de M. le baron du Potet
Discours de M. Georges Cochet au nom de la Société scientifique d'études psychologiques.
Mesdames, Messieurs.
Celui que nous venons de saluer à son départ terrestre, le Baron du Potet, n’est plus seulement le maître révéré dont la parole éclairait, fortifiait les disciples du magnétisme. Il n’appartient plus seulement à ceux qui l’ont approuvé dans ses luttes, admiré dans ses travaux; il est un des révélateurs de ce siècle; dès aujourd’hui, il appartient à l’humanité.
Au même moment où Esprit délivré, il porte dans la vie supérieure sa personnalité plus puissante, plus complète, il laisse ici bas le souvenir de son nom, indissolublement uni à la science qu’il a défendue: il subsiste simultanément dans son essence éternelle et dans son oeuvre humaine: il entre deux fois dans l’immortalité.
Comme la plupart des grands hommes, le propagateur du magnétisme s’est fait luimême. C’est à force de courage, de persévérance, de supériorité morale, qu’il a dégagé et grandi sa personnalité. Par une contradiction étrange, celui qui devait déplorer pendant tout le cours de son existence, les qualités énergiques propres à la lutte, fut dans les premières années de sa jeunessse, un rêveur, peut-être un chercheur. Il aimait passionnément la vie des champs: il trouvait dans la contemplation de la nature un aliment à sa bonne foi instinctive: il semblait qu’il y puisât une connaissance mystérieuse, une force inconnue. Il avait besoin d’air, de lumière, de liberté—ne s’étant pas voulu plier à subir les peines sédentaires de l’étude, à quatorze ans il ne sa vait pas lire— cependant son intelligences’était singulièrement développée: on en eut bientôtla preuve. Une circonstance lui ayant ouvert les yeux sur les inconvénients d’une ignorance qui devait être naturellement imputée à l’inca pacité, il trouva immédiatement la force de s’instruire sans maître, lui seul, et à l’aide de quelques livres.
Depuis lors il n’a cessé d’exercer en lui et hors de lui cette faculté toute puissante: la volonté. Il a voulu le bien, il a voulu le vrai. Il a atteint ce double but par la pratique de la science nouvelle qui s’alimente à ces deux foyers: la bonté qui ranime, la vérité qui éclaire.
Sa vie est moins pleine encore de jours que d’oeuvres. Depuisl’instant où il embrasse la mission de faire triompher dans le magnétisme une vérité inconnue, depuis la première heure où il se voue à cette tâche ingrate, son existence n’est qu’un apostolat. Son activité est infatigable. Par la plume, par la parole, par les actes, il défend, sans trêve ni repos, la science qu’il a reconnue.
Il a contre lui tous les préjugés, et parmi ceux-ci, le préjugé scientifique le plus âpre, le plus tenace de tous. Ici, il rencontre l’opposition inerte et sourde de la routine, là les intérêts qu’il froisse s’élèvent contre lui. Aucune hostilité ne l’arrête. Seul, sans influence, sans autre autorité que la puissance magnétique qui est en lui, il ose entrer en lutte contre les plus hautes autorités médicales: il les défie, les combat, les accable par des preuves indéniables: il pénètre dans les hôpitaux et, sous les yeux des médecins confondus, il produit les phénomènes de lucidité som-<... continues on page 11-206 >
Editor's notes
Sources
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La Chaine Magnetique, Aout 15, 1881, p. 13