< Discours Prononces sur la tombe de M. le baron du Potet (continued from page 11-208) >
dant ne se crut son égal. Ne crois pas que la vie humaine ne soit qu’un accident, et la mort le néant. Tu demanderas où commence la vie: elle ne commence pas, elle se continue.
Les mortels te toucheront du bout de leurs doigts, pour t’avertir et te convaincre qu’ils sont autour de toi, qu’ils peuvent communiquer avec toi-même.»
Tes paroles ne sont-elles pas bien en situation? Aussi à cet instant solen nel où des amis sincères, profondément émus, entourent ce que tu laisses à la terre, ce qui fut l’instrument énergique des manifestations de ta pensée, ai-je cru devoir les associer à l’expression des sentiments que j’adresse à toi, notre glorieux maître.
Nous te retrouvons tel que nous t’avons connu, avec le charme de ta sympathie figure modelée par le sentiment et la pratique du bien. Nous te voyons tel que tu étais, quand tu éxerçais ta puissante attraction sur un auditoire tenu sous le charme de ta voix magnétique, et de ta parole éloquente.
Parmi tes amis ici présents, il en est qni ne partagent pas nos convictions et qui ne vont pas me suivre dans cet entretient d’outre-tombe, ils t’aimaient ils m’écouteront.
Plusieurs millions d’êtres pensent que la vérité spirite est de celles qui exercent la plus grande influence sur les destinées de l’humanité.
Tu crois à la pluralité des existences comme à la responsabilité de tes actes: rassure les craintifs sur ce moment tant redouté qui n’est qu’une transformation après laquelle on est rendu à la vie; et dis-nous comment tu entends ces deux vers qui s’offrent à mon souvenir:
«La mort est le réveil d’un sommeil agité.
«Et le premier salon de l’immortalité!»
Président invisible, exerce sur nous dans la pratique du magnétisme thérapeutique ta salutaire influence aux moments de difficiles passages, Initie-nous à la connaissance plus approfondie des grandes forces de la nature, aux composés de l’homme, âme, fluide et corps. Dis-nous, si nous avons en nous la force qui ranime les nerfs moteurs éteints parde funestes substances?
En simpli fiant la pratique du magnétisme tu t’es rapproché des préceptes de Jésus à ses disciples, tu as ouvert la grande porte par où cette puissance va faire son entrée dans la famille par la famille.
Chez l’humble comme chez le riche, le mieux doué de coeur et de santé va porter au foyer la médecine de l’avenir.
Ton grand regret était de laisser tes dernières pensées dans le silence de l’oubli, par manque d’interprètes zélés pour la cause; tu vas poursuivre ta noble tâche, et transmettre à la postérité ton oeuvre dernière enrichie d’aperçus nouveaux, grâce, que tu viens de découvrir et que tu ne faisaisqu’entrevoir.
Ton bonheur ne devait plus être de ce monde. Celle qui a fait la dernière étape de ton voyage terrestre moins isolé, avait espéré goûter encore pendant quelques années, le charme de ton esprit, et t’aider à vivre à ses côtés sans souci du lendemain, ce bonheur lui a été refusé! elle n’a pu que rendre ta désagrégation moins pénible, en t’enveloppant de son dévouement, de son affection si vivement appréciée partoi. Laisse-moi te dire combien je suis heureux que tu aies offert aussi à ma sympathie dans ces moments douloureux, l’occasion de se manifester dans la mesure de mes forces et de mon coeur. En recevant les effluves dont tu m’as appris à faire usage, tu as resserré les liens qui déjà unissaient nos âmes.
Au revoir, cher Maître, en attendant le suprême rendez-vous, viens souventà notre appel, assiste-nous; mets ta science dans nos esprits et ta générosité dans nos coeurs Rends-nous grands et bons comme toi, en nous pénétrant de cette pensée dont tu faisais une auréole à chacunde tes ouvrages. «La vérité, n'importe par quelle bouche, le bien n’importe par quelles mains.»
Pour les autres discours, voir le précédent numéro, pages 3 et suivantes.