< Somnambulisme–Mediumnite (continued from page 11-211) >
crate, puis Marie-Stuart; elle a eu dans les temps, son mari actuel pour frère.
Mme D..., riche médium en vérité, croit être Mme Louise de Vaudemont, femme de notre libertin Henri III qui ne cesse, encore aujourd’hui, de se venger sur elle de la perte de ses Mignons.
Mlle E... se dit être la Vierge Marie; et à preuve, c’est que lorsqu’elle entre en somnambulisme, elle se voit avec l’enfant Jésus dans les bras, le bambino et sa mère excommuniant le Sacerdoce actuel. Je n’en finirais pas! Mais notez bien que tous ces prétendus réincarnés ne représentent à nouveau que des Esprits jadis haut placés dans nos hiérarchies sociales. — Vous le croirez ou non, mais moi qui vous parle,j’ai été Bossuet, et ma femme...Fénélon. — Fénélon? ou Mme Guyon? — L’Esprit, dit-on, n’a plus de sexe; mais n’importe: quand j’étais Bossuet, j’avais épousé, en secret, Mlle Desvieux. Pourquoi n’ai-je pas encore cette chère moitié d’autrefois? — Je vois dans vos yeux perler des larmes; eh bien, changeons de sujet: le Livre des Esprits nous apprend, p. 88, qu’un désincarné n’a pas de sexe; tandis que l’école actuelle prétend qu’il a les deux; et que si, dans ses périgrinations matérielles, il a perdu l’une de ses moitiés, tôt ou tard il la retrouvera...»
Le savoir-dire est une arme au service du faux comme du vrai: témoins, nos tribuns parlementaires, nos parleurs du barreau, nos théologiens sacrés ou non, tous d’autant plus convaincants qu’ils sont moins convaincus.
On sait, on l’on ne sait pas, qu’il nous est venu de l’Inde contemporaine une nouvelle preuve à l’appui de la métempsycose la plus échevélée; voici le fait: Le fils aîné du Brahme Tej-Ram, mordu par un serpent, meurt sur le champ. Aussitôt son âme va se loger dans le corps disponible d’un corbeau qui va se percher sur l’arbre ombrageant le toit paternel. Mais comme ses cris d’appel et d’allégresse fatiguaient les oreilles de ses exparents, on le tue. Incomprise, l’âme du défunt court se réfugier dans un moineau puis dans le sein, ou foetus, de la femme d’un Paria. Cette femme accouche d’un beau garçon qui, dès l’âge de trois ans, fait preuve d’une grande intelligence. Un jour, la mère en promenade passe devant la demeure du Brahme, et aussitôt l’enfant de s’écrier: «Voici mes vrais « parents! Tej-Ram, je suis ton fils! Vois mon doigt portant la marquede la morsure du serpent; vois celle du coup de fusil qui m’as tué quand j’étais corbeau! Veux-tu d’autres preuves de mon identité! Fouille ici, près du seuil de la porte, tu y trouveras trois cent roupies et trois cent autres là, dans ce mur: c’est moi qui dans les temps ai caché ces deux trésors... etc.» Le papa prit les deux trésors, mais chassa l’enfant.
Le journal mensuel The Theosophist, de Bombay, Mai 1881, donne bien d’autres détails, ainsi que les renseignements nécessaires à celui qui voudrait aller sur les lieux contrôler le fait, et interro ger les témoins encore vivants, s’il en reste. MM. du Theosophist habitant non loin de là, espérons en eux.
En attendant, constatons que nous sommes ici en présence d’au moins deux affirmations ou doctrines réincarnistes, mais différentes. L’une, enseignée par des Esprits supérieurs, nous révèle l’existence d’une sorte de terrain fuidique placé aux confins de l’atmosphère terrestre, et, comme elle, entourantnotre globe. Là se reforment les périsprits des plantes supérieures; là aussi se retrouvent les périsprits des animaux qui, sur la terre, étaient assez avancés pour comprendre qu’ils entreraient un jour dans la vie humaine. (Revue Spirite, du 1er juin 1881, page 285).
L’autre, affirmée par des Esprits également supérieurs, (ils le sont tous!) nous enseigne p. 296, que les plantes se ront toujours des plantes attachées au sol, et les bêtes toujours des bêtes vivant sur le sol, avec les mêmes conditions de vie qu’au commencement, etc.
<... continues on page 11-213 >